CONSEILS DE PRÉVENTION DES BLESSURES DE COURSE

Je cours depuis près de 18 ans. Partant de zéro, j’ai gravi les échelons pour finalement joindre l’équipe canadienne de course sur sentier dans diverses épreuves mondiales. Je n’étais pas suivie par un entraîneur en cours de route et, par conséquent, j’ai subi de nombreuses blessures, causées par les coupables habituels : trop loin, trop vite, trop tôt. Mais dans le processus, j’ai appris énormément.

Depuis que je suis devenue podiatre il y a environ 9 ans, je connais mieux les blessures de course et la façon de les prévenir. Voici donc quelques-uns de mes conseils préférés pour les éviter et adopter de saines habitudes qui vous permettront de courir toute l’année, en plus de quelques éléments à surveiller :

1. Bien dormir et manger sainement

Les recherches démontrent clairement que la récupération s’effectue durant les périodes de repos. Cela signifie que pour récupérer entièrement d’un effort ou d’une activité intense, vous devez intégrer ces périodes à votre plan d’entraînement. Votre corps en bénéficiera.

Apportez le même soin à votre alimentation. Durant l’entraînement, nous poussons notre corps à sa limite; c’est pourquoi nous devons fournir à celui-ci le carburant dont il a besoin. Peu importe votre régime – végétarien, sans gluten ou omnivore – les aliments frais et complets sont toujours bénéfiques. Les aliments sains permettent de refaire le plein de vitamines et de nutriments qui sont essentiels à la récupération des muscles.

2. Faire attention au travail et au stress

Nous sommes tous humains, et le stress fait partie de notre vie. Ceci étant dit, je crois que lorsqu’on se sent stressé ou épuisé, il est important de modifier son plan d’entraînement pour diminuer la sécrétion de cortisol ou les effets du stress sur son corps déjà fatigué.

Vous pouvez tout de même sortir, mais pensez à écourter votre entraînement ou à en diminuer l’intensité. Concentrez-vous à respirer l’air frais et à remplir vos poumons d’oxygène… et à vous amuser. Il est parfois facile de tomber dans une routine d’exercices pour se sentir mieux, puisqu’elle devient un mécanisme pour évacuer le stress. Mais à long terme, votre corps risque de s’épuiser et d’avoir de la difficulté à récupérer complètement. Il est important d’éviter la fatigue chronique, car elle peut mener à des blessures et à de mauvaises performances athlétiques.

3. Suivre un programme d’entraînement qui vous convient

Chaque personne est différente, et c’est ce qui fait la beauté de la communauté de course sur sentier. Trouvez une façon de vous entraîner adaptée à votre condition physique – cela signifie que vous ne suivrez pas nécessairement le même programme que votre voisin coureur. Surtout, votre programme devrait être facile à suivre et motivant pour que vous continuiez à faire ce que vous aimez.

4. Ne pas sous-estimer la musculation Entrainement croise? Oh, que oui

Je suis une fervente partisane de l’entraînement croisé (cross-training). En plus de courir, j’adore passer du temps sur mon vélo, que ce soit pour aller travailler, m’entraîner ou simplement me balader. Le vélo est bénéfique parce qu’il m’aide à renforcer les muscles de mes jambes, ce qui est essentiel pour mieux absorber les impacts répétés de la course. La nage est une autre excellente activité complémentaire qui accroît la souplesse et la stabilité du tronc.

L’hiver, je délaisse mon vélo pour me tourner vers le ski de fond. En plus de faire travailler tout le corps, ce sport permet d’intégrer des séances d’intervalles. Il y a aussi la course en raquette : trouvez des sentiers sur lesquels vous pouvez courir avec des crampons si la surface est glacée ou avec des raquettes de course. Et le fat bike dans la neige est une autre façon de continuer à pédaler.

5. Ne pas sous-estimer la musculation

Il est important de faire des entraînements musculaires pour vous assurer que votre tronc, votre dos, vos hanches et votre agilité globale sont au summum de leur condition pour la saison des courses. Comme coureurs, nous négligeons souvent l’importance de renforcer certaines parties précises du corps parce que nous nous concentrons sur la course – c’est notre spécialité après tout ! Mais le caractère répétitif de la course, et même du vélo, peut diminuer la flexibilité des hanches au fil du temps.

Le yoga pour les coureurs complète bien un programme de course parce que les postures sont axées sur la force et la mobilité. Ne sous-estimez pas l’importance de la stabilité du tronc : celle-ci peut prévenir les problèmes de dos dont souffrent certains coureurs de longues distances.

6. Les bienfaits du repos

Vous le savez sans doute : planifier son calendrier de courses est vraiment excitant. Or, certains coureurs exagèrent parfois avec le nombre de courses auxquelles ils souhaitent participer. Si vous n’avez pas un entraîneur pour vous freiner (et c’est le cas de la majorité d’entre nous), vous risquez de vous retrouver avec une longue liste d’événements qui sont motivants, mais qui peuvent devenir épuisants.

Le corps humain est un partenaire solide, mais il a quand même besoin de repos après un effort intense (encore plus qu’après une séance d’entraînement) pour que vous puissiez profiter d’une bonne récupération – tant physique que mentale – et continuer à faire ce que vous aimez.

Blessures : quoi surveiller

Quand je me suis mise à la course sur sentier, j’ai mieux compris l’effort que doit fournir le corps en terrain montagneux comparé à celui à donner sur les routes pavées. La course sur sentier exige de la dextérité dans les pieds, de la stabilité aux chevilles, de la souplesse aux hanches, de la force du tronc et de la coordination. Les descentes travaillent la puissance des quadriceps, alors que les montées renforcent les ischiojambiers en plus d’améliorer la posture et la cadence. Je pense que la course sur route profite aussi à la course sur sentier parce qu’elle permet de travailler la vitesse dans des montées progressives ou sur des terrains moins techniques. Alterner les sentiers et les routes pavées vous offre le meilleur des deux mondes.

À titre de podiatre, je vois de nombreuses blessures de course qui auraient pu être évitées, soit par le port de chaussures appropriées, d’une meilleure foulée et par des exercices de renforcement et de souplesse. Je constate également une nette différence entre les blessures de course sur sentier et celles de course sur route.

  • La plupart du temps, les coureurs sur route me consultent pour des fasciites plantaires, des périostites tibiales, le syndrome de la bandelette ilio-tibiale ou d’autres blessures qui sont souvent le résultat d’un surmenage chronique (causé par une mauvaise posture de course ou encore une chaussure ou un programme d’entraînement inappropriés).
  • Du côté de la course sur sentier, la plupart des blessures sont causées par un traumatisme : entorses à la cheville, fractures, syndrome du cuboïde (causé par l’éversion du pied sur une pierre ou une racine) et, bien sûr, le fameux orteil bleu qui est en fait un hématome sous-unguéal (sous l’ongle) dû à de micro traumatismes répétés.

Que vous couriez sur route ou sur sentier, soyez attentif aux symptômes de dyskinésie post-statique (soit une certaine raideur qui survient après le repos), lesquels peuvent indiquer la présence d’inflammation. Si vous ressentez de la douleur ou si le mouvement de vos articulations est limité, il est temps de consulter un professionnel de la santé pour qu’il traite votre blessure et vous propose un plan de récupération.

Bonne course et courez sainement afin de pouvoir continuer à faire ce que vous aimez.

Dre Annie Jean, Podiatre

Source : https://www.mec.ca/fr/article/injury-prevention-tips-for-trail-runners

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